Le terme CODIT prononcé « code it » est utilisé par les arboristes professionnels. Il provient de l’abréviation anglaise C.O.D.I.T. : “compartmentalization of decay in trees”.

En présence d’une lésion, d’une blessure liée à l’élagage ou à d’autres dommages physiques extérieurs, l’arbre se protège des blessures et des infections en isolant la zone atteinte : il les compartimente. Dans un même temps, grâce au cambium (tissus générateurs de cellules se situant immédiatement sous l’écorce), il génère de nouvelles cellules de bois occupant de nouvelles positions. En réalité, un nouvel arbre pousse chaque année sur l’ancien, donnant les cernes d’accroissement annuels.

La réaction de l’arbre à une blessure: le CODIT

Ainsi, un arbre ne cicatrise jamais. Il compartimente les zones blessées et génère de nouvelles cellules pour son accroissement.
Le terme “cicatrisation” appliqué à l’arbre est une facilité de langage, son abus crée de la confusion et ne devrait être utilisé qu’en connaissance de cause.
Un arbre ne cicatrise pas : il ne peut ni réparer ni régénérer les tissus déjà en place.

Le but du compartimentage et de la génération de nouvelles cellules de bois est de résister ou d’empêcher la propagation d’agents pathogènes dans le bois exposé par la blessure. Il sert également à séparer une branche morte de la partie vivante à laquelle elle est attachée. Essentiellement, il résiste à l’entrée d’agents pathogènes causant la pourriture dans le bois exposé.

L’efficacité avec laquelle un arbre réagit aux blessures d’élagage est déterminée par la taille de la coupe et sa position. S’il est trop près du tronc, la réponse est moins efficace et la décomposition est probable. Si une grosse branche est coupée en bout, la pourriture se propagera le long de la branche, affaiblissant sa structure.

Au sens strict, les arbres ne se guérissent pas d’une blessure. Ils ferment simplement les plaies si elles ne sont pas trop grandes et forment une barrière protectrice (compartimentation) derrière le bois blessé. Les arbres mal taillés sont plus sujets à la pourriture et moins stables. Donc, en fin de compte, la façon dont un arbre est taillé fait toute la différence.

La création d’une zone de réaction constituée par 4 barrières de compartimentage de défense:

Face à une blessure, l’arbre ne cicatrise pas mais instaure un système de défense: la compartimentation. Celle-ci est constituée d’une zone de réaction limitant la propagation des pathogènes dans le bois présent au moment de la blessure en créant une zone de barrage protégeant le bois néoformé du bois infesté.

  • Barrière 1: axe longitudinal -> empêchant ou freinant les agresseurs vers le haut et le bas: obturation des vaisseaux
  • Barrière 2: axe frontal diamétral -> empêchant ou freinant la propagation vers le centre: cernes de croissance
  • Barrière 3: axe latéral radial -> empêchant ou freinant la propagation vers les côtés: parenchyme radial
  • Barrière 4: barrière dans le bois néoformé -> Le cambium génère un nouveau type de cellules qui vont former la paroi 4, dite de protection, qui va isoler le bois présent au moment de la blessure du bois néoformé. Cette paroi est formée avec moins de cellules conductrices et fibreuses et plus de cellules de parenchyme. Cette nouvelle paroi résiste aux micro-organismes et empêche le bois sain de croissance d’être infecté.
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La création chaque année d’un nouveau cerne de croissance

Chaque année le cambium fabrique une nouvelle quantité de bois (le cerne d’accroissement) qui recouvre l’arbre ancien. Ce «nouvel arbre» est séparé par la barrière 4 de l’ancien arbre blessé, ainsi il ne sera pas affecté par les pathogènes compartimentés.

Petit à petit, en fonction de la gravité de la blessure et du potentiel de réaction de l’arbre, la blessure va se refermer (grâce au nouveau bois créé annuellement) recouvrant la zone nécrosée qui va peut-être continuer à se creuser en cavité qui bientôt évidera l’intérieur de l’arbre.

CODIT et entretien des arbres

Pourquoi devriez-vous vous soucier de la façon dont un arbre résiste à la pourriture ? Premièrement, les arbres ont de la valeur. Ils améliorent la valeur des propriétés, fournissent de l’ombre. Ils offrent également de nombreux autres avantages environnementaux tels que la réduction de la consommation d’énergie. Plus l’arbre est grand, plus les avantages sont importants.

Les arbres, comme tout autre investissement, nécessitent un entretien pour maintenir une sécurité raisonnable. La longévité et la sécurité des arbres sont amoindries par des pratiques d’élagage médiocres et de qualité inférieure qui peuvent provoquer la pourriture, entraînant parfois la défaillance d’une branche ou d’un arbre entier.

Le concept de CODIT est soutenu par la recherche scientifique et accepté par les arboristes professionnels. Le concept CODIT n’est toujours pas utilisé par certains services ou élagueurs, qui n’ont pas pleinement conscience de son importance. Nous avons vu d’innombrables exemples d’erreurs d’élagage au cours de notre carrière et l’impact qu’elles peuvent avoir sur la santé et la sécurité des arbres. La durée de vie des arbres est raccourcie lorsque les bonnes normes actuelles d’élagage ne sont pas appliquées.

Lors de l’élagage d’un arbre, plusieurs éléments doivent être pris en considération. Parfois, il s’agit de la répartition du poids de l’arbre, de la répartition de la lumière dans l’arbre ou simplement de la valeur esthétique de la taille. Quel que soit le résultat souhaité, le meilleur placement d’une coupe d’élagage à l’aide du modèle CODIT doit être au premier plan de l’esprit du praticien.

Avant d’engager un élagueur, renseignez-vous sur ses compétences concernant le CODIT

La prochaine fois que vous embaucherez quelqu’un pour élaguer votre arbre, nous vous recommandons de vous renseigner sur ses connaissances des normes d’élagage et de CODIT. Cela peut permettre à votre arbre de durer des décennies de plus qu’entre les mains de quelqu’un qui ne comprend pas l’importance de CODIT.